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SCLA - Nage avec palme

Jeudi 2 février 2006

Le 22 janvier 2006

La traversée de Lyon à la nage avec palme(s) est une course organisée par le Club Thalassa de Lyon qui  se déroule traditionnellement fin janvier.

Comme toutes les années, le parcours de 8 kilomètres partait du pont Raymond POINCARE, juste au dessus du Parc de la Tête d’Or pour rejoindre la jonction Rhône-Saône (300m après le pont Pasteur).

 La participation à cette course était programmée depuis le mois de septembre 2005. Cela laissait quelques mois (il fallait bien ça) pour se préparer physiquement, techniquement et psychologiquement à l’épreuve.

Le rendez-vous avant la course étant prévu à 8 heures, je me suis rendu à Lyon la veille afin de ne pas augmenter la fatigue, ni le stress avant le départ.

La préparation physique spécifique a été travaillée lors des entraînements du lundi et samedi à la piscine de Lunel, complétée par de la course à pieds.

La technique de la nage en monopalme a également été apprise lors des entraînements. Après quelques mois de précieux  conseils avec Christiane, le rythme des entraînements s’est intensifié.

Philippe a pris en main les séances du lundi et samedi soir. C’est à l’aide d’entraînements spécifiques accompagné de Annabelle, Emmanuelle et Jean-Claude que j’ai été préparé pour le jour de la course.

J’étais à l’écoute de tous les conseils sur la technique de nage, le matériel, la préparation psychologique et comment éviter les ampoules. Toutefois, ma principale crainte restait la température de l’eau que je redoutais.

La veille de la course, un petit appel de Philippe, me permettait d’avoir confiance dans ma préparation physique et technique pour laquelle je lui dois tant.

J’étais à l’écoute de tous les conseils sur la technique de nage, le matériel, la préparation psychologique et comment éviter les ampoules. Toutefois, ma principale crainte restait la température de l’eau que je redoutais.

La veille de la course, un petit appel de Philippe, me permettait d’avoir confiance dans ma préparation physique et technique pour laquelle je lui dois tant.

Le matin de la traversée, le rendez-vous était programmé à 8 heures à la Cité Scolaire Internationale de Lyon, au bord du Rhône.

A 8 heures, il n’y avait que quelques participants, mais petit à petit le gymnase s’est rempli de nageurs avec des palmes en tous genres et des flotteurs divers et variés dans les formes et les couleurs.

A 9 heures, les organisateurs ont demandé aux participants de se préparer pour se rendre au transfert vers le départ. 9h30 c’est dans des bus des transports en commun lyonnais que nous prenons place en combinaison avec palmes et flotteurs à la main pour se rendre au départ. Le trajet d’un quart d’heure en bus se fera debout.

Nous voici tous prêt du but : le départ. La tension monte, le rythme cardiaque s’accélère naturellement. Des participants ont déjà chaussé les palmes.
Avec la monopalme, je suis obligé de me mettre dans l’eau pour chausser la palme car sinon, impossible de bouger sur terre.

Malgré les 4°C du Rhône, l’entrée dans l’eau se fait facilement ; probablement aidée par la motivation et la dynamique de groupe.

Pour réaliser cette traversée, je me suis longtemps posé la question du matériel à utiliser. Si j’ai facilement choisi une monoplame Water Way Competitor Long Distance, un tubas frontal Breir et un masque de natation Seal de chez Aquasphère, le choix était plus délicat pour la combinaison. Comment s’habiller pour supporter le froid sur 8 kilomètres ?

Afin de ne par avoir trop de flottabilité pour être bien sous l’eau avec la monoplame, j’ai décidé d’utiliser une combinaison de nage Aquasphere Hiver (épaisseur 1mm) donnée pour des températures d’eau à environ 8 à 10°C avec sur la tête un bonnet de piscine et une cagoule de nage du même modèle que la combinaison. Pour compenser l’écart de température, entre la température de confort de la combinaison et la température de l’eau, soit environ 5°C, il me fallait un petit plus. J’ai donc mis une souris sans manche de 2,5mm en haut et un collant fin de course à pied pour le bas. Avant de m’habiller j’avais pris soin de m’enduire les jambes avec de l’huile à l’arnica de chez Weleda afin de les chauffer et de maintenir une fine couche protectrice sur la peau.

Au départ, les nageurs avec palmes étaient  presque tous en attente dans l’eau avant le top.

Ca y est, on y va le départ vient d’être donné et certains n’hésitent pas à jouer des coudes, des mains et des palmes pour se faire un passage parmi les quelques 125 nageurs engagés.

Afin de ne pas me faire enfermer et malgré l’impossibilité de s’échauffer convenablement avant le départ, je décide de donner un petit coup d’accélération en utilisant même les bras. Cela paye car je me rends compte que la masse des nageurs est vite devenue une longue course solitaire avec un peu de courant mais surtout contre la distance et le froid.

Les jours précédant le départ, j’avais étudié le parcours, comptant le nombre de ponts (12) à passer. Enfin le premier pont ; le pont Churchill, puis le pont De Lattre De Tassigny, cela sonnait presque comme une bataille, au moins une bataille contre soi même. En effet, pris dans l’effort, la concentration, la lutte contre quelques remous en passant sous les ponts, j’ai bien vite perdu le fil du parcours, ne sachant ou n’étant même plus capable de compter jusqu’à douze. Je cherchais simplement à rejoindre le pont suivant en essayant de bien passer au milieu des arches pour éviter les turbulences. A chaque pont je me disais que c’était déjà bien d’être arrivé là. A de nombreuses reprises j’ai pensé abandonner au pont suivant car l’effort était très intense mais surtout, je sentais le froid. Je n’avais froid ni aux mains, ni à la tête, ni aux pieds ; c’était l’ensemble de mon corps qui se refroidissait. L’effort physique fourni ne parvenait pas à compenser la perte de chaleur liée à l’immersion dans l’eau.

Afin de réduire au maximum le temps dans l’eau, j’essayais de m’appliquer sur la technique en allongeant bien les bras au-dessus de la tête, avec les mains à quelques centimètres sous la surface du Rhône et en ondulant souplement et avec le plus d’amplitude possible.

Les ponts se succédaient et pourtant je ne voyais toujours pas un point de repère pour me redonner confiance et perspective. Essayant de voir ce qui se passait autour de moi ; il n’y avait pas d’autre nageur, ni devant, ni sur les côtés, ni derrière (où sont-ils passés ?).

A un moment je vois un nageur hydrospeed  non loin de moi qui fait son chemin sur sa monture multicolore.

Puis les bateaux d’encadrement de la course qui tournent non loin de moi. Je pensais qu’ils venaient me repêcher dans leur rôle de voiture balai ou plutôt de bateau balai.

Pas du tout, ils étaient là pour assurer la sécurité de la course, c’était presque rassurant et réconfortant.

Enfin un indice sur l’avancement de la traversée car voici le pont SNCF de Perrache. Et oui, il est facile de reconnaître un pont SNCF car dessus il y a des trains et en plus je suis cheminot.

La vision de ce pont me permit de savoir qu’après être passé dessous il restait encore environ deux kilomètres à nager.

Ces deux kilomètres n’étaient pas des moindres car dans cette partie du Rhône il y a moins de courant, il faut donc donner un peu plus après l’effort fourni et le froid qui devenait de plus en plus prenant.

Si près du but, il ne m’était plus permis de renoncer. J’ai donc cherché des ressources (de volonté) pour résister au froid et donner encore un peu de puissance. A la vue du dernier pont avant l’arrivée, j’avais l’impression de ne plus rien pouvoir donner et d’avoir les cuisses sans puissance. Heureusement les deux bouées oranges de l’arrivée étaient maintenant en vue à quelques centaines de mètres. Il y avait aussi sur les berges quelques promeneurs surpris de voir des fous nager dans le Rhône en hiver.

L’arrivée était enfin là avec quelques spectateurs ou plutôt de la famille ou des amis inquiets pour leur participant.

Après avoir franchi les deux grosses bouées, je pensais être arrivé, mais non il restait quelques dizaines de mètres pour que les chronométreurs enregistrent l’arrivée. Ils m’ont sans doute annoncé un temps mais je n’ai rien entendu tellement j’étais content ou plutôt soulagé d’être arrivé. Arrivé sans avoir souffert trop de la distance, ni d’ampoules aux pieds.

Par contre, pris par l’effort et la sortie de l’eau, il ne me fut pas facile d’enlever la monopalme. Heureusement qu’un autre concurrent (barbu) était là pour que je prenne appui sur son épaule ; merci à lui, il semblait savoir ce que c’était.

A la sortie de l’eau, à pied, un organisateur m’a donné la main pour que je ne tombe pas sur l’herbe mouillée et boueuse.

Un petit remontant nous attendait sur quelques tables avec des boissons chaudes, des gâteaux et d’autres denrées. Un bon chocolat chaud me donna envie. Le prenant, je m’aperçus vite que j’étais incapable de le tenir et de boire que je commençais à trembler fortement.  Tant pis pour la collation et direction les douches tout transi de froid.

Sonia et Eric, des amis Lyonnais qui m’avaient aidé et soutenu pour la préparation et la logistique me voient arriver. Ils sont surpris de me voir là maintenant. Ils sont déçus pour moi croyant que j’ai abandonné et que je suis rentré accompagné par les organisateurs.

Et non ; je leur réponds que je suis bel et bien arrivé jusqu’au bout.

En arrivant dans les vestiaires vers 10 heures 30, je fus surpris de voir qu’il n’y avait pas grand monde. J’essaie d’enlever ma combinaison mais les tremblements ne facilitent pas la tâche. Heureusement que Eric est là pour m’aider car je ne suis plus tout à fait autonome. Je passe sous la douche qui brûle plus l’épiderme qu’elle ne réchauffe le corps. C’est une bonne friction sur tout le corps avec une serviette qui me fit le plus de bien pour me réchauffer avant de me rhabiller chaudement.

Après avoir rangé le matériel, nous sommes allés voir arriver les autres participants. Il en restait encore quelques uns. Je souffrais pour ceux qui arrivaient après plus de deux heures dans une eau à 4°C.

Cette traversée fut un moment très intense, tant dans sa préparation que dans sa réalisation.

Ce furent aussi beaucoup de sacrifices pour ma petite famille restée à Nîmes qui a subi toute la préparation  avec l’entraînement et les choix du matériel avec ses hauts, ses bas, ses doutes et ses angoisses jusqu’au moment du départ.

Le jour de l’épreuve, la prise en charge par Eric et Sonia de Lyon m’aura beaucoup aidée pour que tout se déroule parfaitement.

Merci beaucoup à ceux qui m’ont également accompagnés dans la préparation spécifique à la nage en monoplame : Philippe, Christiane, Annabelle, Jean-Claude et tous les membres du clubs Aquapalmes dont Sophie et Olivier eux aussi participant à la traversée.

Je ne vous dis pas tout de suite à 2007 pour la participation à la prochaine traversée de Lyon à la nage avec palmes.

En attendant, la saison 2006 continue avec d’autres épreuves en perspective, dans des eaux sans doute plus chaudes.

Olivier GERMAIN

Par Olivier Germain
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